Café marxiste

LE PREMIER ÂGE DU CAPITALISME - avec Alain BIHR

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Alain BIHR est sociologue et marxiste. Il a été maître de conférences en sociologie à l'université de Haute-Alsace, puis professeur à l'université de Franche-Comté. Ses travaux portent principalement sur la justice sociale, les inégalités au sens large, l'extrême droite et le capitalisme. En 2018 et 2019, il sort Le Premier âge du capitalisme, œuvre titanesque de près de 3 300 pages, en 3 tomes, qui détaille l'histoire des origines du capitalisme.
SPEAKER_00

Voilà, bonjour à tous, merci de nous suivre toujours avec autant d'attention. Nous avons le plaisir aujourd'hui d'accueillir Alain Bire qui va nous parler, attends je le mets devant, hop là, voilà, et ça je vous le conseille vivement, le premier âge du capitalisme en réalité sur trois tomes avec une évolution qui va nous permettre, il va nous l'expliquer, de mieux comprendre comment il s'est imposé non seulement en Europe mais sur le reste du monde par domination et réglementation. cela va de soi puisqu'on ne fait plus d'histoire globale pour une fois on peut en faire un petit peu je vous annonce tout de suite le prochain café ah bon c'est mieux je vous annonce tout de suite le prochain café j'ai peur qu'il y ait un retour le 16 mars avec Dominique Pagani qui précisément puisqu'on parlait de résistance viendra nous parler de l'Afrique subsaharienne on ne dit pas l'Afrique noire l'Afrique subsaharienne voilà et précisément au moment ça chauffe quand même c'est le moins qu'on puisse dire, il viendra nous expliquer pourquoi et ce qu'il faut réfléchir sur ces questions-là. Voilà, donc je vais passer tout de suite la parole à Alain qui va nous parler de ce premier âge du capitalisme que j'avais déjà présenté la dernière fois, mais tout à l'heure je vous parlerai d'autres ouvrages à vous procurer. Voilà, merci Alain.

SPEAKER_01

Merci au Café Marxiste de m'avoir invité, merci à vous d'être présente. Je vais articuler mon propos selon les règles de l'école, c'est-à-dire en trois temps, mais qui vont être déséquilibrées. Je vous parlerai d'abord du projet que j'ai réalisé, c'est-à-dire ce qui m'a amené à écrire cet ouvrage. Je vous présenterai ensuite l'ouvrage sommairement dans ses grèves. ligne et je vous indiquerai ensuite brièvement dans un troisième et ultime temps comment ne pas se laisser impressionner par le monstre qu'est l'ouvrage en question puisqu'il se compose quand même de 3300 pages ce qui peut effrayer n'importe quel lecteur normalement constitué je dirais et j'ai bien évidemment eu conscience que je livrais un monstre et qu'il fallait donner en même temps le mode d'emploi du monstre en question pour le domestiquer au sens propre du terme, c'est-à-dire pour qu'il figure dans vos bibliothèques. Alors qu'est-ce qui m'a amené, premier temps de la démarche, à m'intéresser à cette question qui est une vieille question, qui est la question de l'origine du capitalisme

UNKNOWN

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SPEAKER_01

Tout simplement le fait que ce que j'avais lu à ce sujet n'avait jamais paru vraiment satisfaisant. J'ai souvent eu l'occasion de dire que les bouquins que j'ai écrits sont c'est toujours des bouquins que j'aurais aimé lire et que c'est faute de les avoir trouvés à lire que j'ai fini par les écrire. Alors il y a eu énormément de choses écrites évidemment sur l'origine du capitalisme, mais comme dit, ça ne me paraissait pas suffire. Marxiste que je suis fondamentalement par ma formation et constitutivement, je dirais, constitué en tant que tel, j'ai commencé par revenir à Marx pour voir ce qu'il disait à ce sujet. Et ma déception a été grande en en ce sens que Marx en dit très peu de choses. J'entends, je fais à peu près le tour de ce qu'il a fait, écrit là-dessus, ça représente quelques centaines de pages, alors vous me direz quelques centaines de pages, c'est pas rien, mais relativement aux quelques dizaines de milliers de pages qu'il nous a laissées, vous comprenez que je dirais que c'est une question qui a été pour lui tout à fait marginale. Je crois me souvenir, mais j'étais incapable de retrouver ce passage, donc il est possible que ce soit aussi un fantasme de lecture de ma part, qu'il Il dit quelque part qu'une chose est de s'intéresser à l'origine d'un système social, autre chose est d'expliquer le mode de fonctionnement. Manifestement, c'est plutôt le deuxième point qui l'intéressait. On peut lui rendre grâce de nous avoir livré des clés fondamentales quant à la compréhension du mode de fonctionnement du système capitaliste. Il s'est peu intéressé à la première question de savoir comment ce système est né. Mais le peu qu'il en a été suffisant pour me décider à prendre le problème à bras-le-corps et à essayer de le traiter tel que, en toute immosestie, j'estime qu'il aurait pu, sinon le faire. Il y a chez lui trois éléments qui permettent d'avancer sur cette question. Le premier élément consiste à déplacer la question. En effet, si tant est qu'on y réfléchit un peu, la question d'où vient le capitalisme, comment est le capitalisme, est une question mal posée. J'entends une question qui, quelque part, comprend sa réponse en elle-même. La langue française est relativement mal faite en général, mais en l'occurrence elle l'est plutôt bien, car si on y fait attention, c'est pas le suffisme-isme qu'il y a en France, Le capitalisme nous met sur la voie immédiatement de la réponse. Ce socialisme signifie en général un processus de réduction au radical. Donc le capitalisme c'est quelque chose qui procède d'une réduction au capital. Autrement dit, c'est un système social qui quelque part dérive tout entier du capital. Ce système social qui quelque part est tout entier subordonné à ce rapport social qu'est le capital. Alors encore faut-il à partir de évidemment comprendre le capital tel que le comprenait Marx lui-même, c'est-à-dire comme un rapport social. Et comme un rapport social dont la dynamique de reproduction est une dynamique fondamentalement expansive. Et expansive en un double sens, c'est-à-dire expansive au sens spatial du terme, c'est à partir je dirais de l'embryon qui naît dans des circonstances d'espace et de temps délimités à l'intérieur de l'histoire générale de l'humanité va progressivement envahir le monde entier et constituer, pourrait-on dire, un monde spécifique. Mais ce système expansif aussi au sens social du terme, c'est-à-dire le capital est un simple rapport social de production, aucune société ne se réduit à ces rapports de production, mais précisément le propre du capital, c'est que par sa dynamique expansive, il va petit à petit se subordonner la société européenne entière et réduire cette société entière, je dirais, aux exigences de sa propre reproduction. Donc, je dirais, premier rapport marxiste, pourrait-on dire, ou marxien, c'est que la question est mal posée, la question ne doit pas être celle de l'origine du capitalisme, mais bien l'origine du capital, car dès lors qu'on se donne le capital, quelque part, inévitablement, au bout d'un certain temps, et quand je dis au bout d'un certain temps, c'est évidemment à l'échelle historique du temps, du terme, au bout d'un certain temps, le capitalisme va naître du capital. Donc, premier rapport de Marx, je dirais, c'est qu'il déplace la question en la mettant à sa place propre. Deuxième rapport, très étroitement lié au précédent, c'est qu'évidemment, Marx nous livre, et il est seul à nous livrer, une analyse précise de ce qu'est ce rapport social de production qu'est le capital. Alors, J'espère que ce qui va suivre ne sont que des rappels, mais je préfère procéder quand même avec ces rappels, car en s'enseignant que je suis, je sais que généralement, ce qu'on suppose savoir est peu su ou mal su. Donc, le capital, c'est un rapport social de production qui présente un certain nombre de caractéristiques bien particulières. En premier lieu, et fondamentalement, c'est un rapport qui repose sur l'expropriation des producteurs. C'est-à-dire que contrairement à tous les rapports de production antérieurs, et capitaliste, le producteur, ce que Marx appelle producteur immédiat, celui qui met effectivement en œuvre les moyens de production, est quelqu'un qui n'est pas lié à ces moyens de production, qui est quelqu'un qui est, en quelque sorte, dépossédé de droits et de faits de tout moyen de production propre et par conséquent aussi de tout moyen de consommation propre. Cette expropriation des producteurs va de pair avec deux autres caractéristiques immédiates, c'est que ces moyens de production dont les producteurs sont expropriés vont se trouver, eux, appropriés à titre de propriété privée par un ensemble d'agents bien particuliers, ce qu'on appellera les capitalistes. Autrement dit, deuxième caractéristique du capital, c'est que les moyens sociaux de production font l'objet d'une appropriation privative. Troisième caractéristique, qui est le pendant de la précédente, c'est que la force de travail, la condition subjective de toute production, les moyens de production étant la condition objective, cette condition subjective se trouve elle-même transformé, chose également inédite jusqu'alors en histoire, en une marchandise, une marchandise qui se met à la disposition de ceux qui peuvent l'utiliser, c'est-à-dire ceux qui sont propriétaires des moyens de production. Évidemment, pourquoi la force de travail se trouve-t-elle transformée en marchandise

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Tout simplement parce que lorsque vous êtes dépossédé de tout moyen de production propre, la seule chose que vous puissiez encore avoir, c'est la capacité à produire. Mais cette capacité à produire ne trouvera à s'employer de puissance de travail, elle deviendra force productive, effective, qu'à la condition que celui qui dispose des moyens de production trouve un intérêt quelconque à vous embaucher sous la forme du travail salarié. Quatrième condition, il faut évidemment que cette réunion entre des moyens de production appropriés à titre de propriété privée et ces forces de travail appropriées également dans un rapport marchand se trouve combiné de telle sorte que de cette combinaison résulte la formation de valeurs c'est-à-dire une richesse marchande négociable sur le marché contre une contrepartie monétaire mais de manière à ce que l'ensemble du processus dégage ce que Marx appelle une plus-value c'est-à-dire permettre à qui a avancé de la valeur pour s'approprier des moyens de production d'un côté s'approprier des forces de travail de l'autre que cela donne formation d'une valeur supplémentaire qui excède ce qui était avancé comme valeur, la fameuse plus-value. Enfin, dernière condition, il faut évidemment que cette plus-value ainsi formée ne soit pas utilisée seulement par qui se l'approprie comme moyen de consommation, c'est-à-dire comme moyen d'enrichissement personnel, mais qu'elle donne lieu à une reconversion en un capital additionnel de manière à ce que le capital puisse s'accumuler. Voilà les quatre ou cinq caractéristiques fondamentales de ce rapport de production. Marx ne cesse d'assister sur le fait que c'est quelque chose d'absolument original dans l'histoire. C'est-à-dire que rien de tel n'a jamais existé auparavant. Et cette originalité fondamentale dans les rapports de production va bouleverser l'ensemble de l'histoire de l'humanité.

UNKNOWN

Merci.

SPEAKER_01

Par rapport à notre question, quel rôle se la joue-t-il

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Cela signifie que se poser la question de l'origine non plus du capitalisme mais de l'origine du capital consiste à se demander tout simplement comment, c'est-à-dire dans quelles conditions, où, quand, comment, à quelles conditions générales de possibilité, et dans quelles conditions historiques de possibilité, un tel rapport de production a pu apparaître dans le cours de l'histoire

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Et là, Marx nous fournit en même temps deux intuitions qui se trouvent dans son œuvre, que j'ai trouvées et qui m'ont servi personnellement de fil conducteur. La première de cette intuition se trouve dans un passage qui est connu, qui a été souvent commenté, mais curieusement jamais dans le sens personnellement j'ai trouvé à m'en inspirer. C'est un passage de ce manuscrit que Marx rédige entre 1800 1857 et 1858, qui est connu sous la dénomination allemande, puisque la première édition de ce texte a eu lieu dans sa formulation allemande, Grundrisse der politischen Ökonomie, fondement de la critique de l'économie politique. Et c'est un passage qui est intitulé, puisque Marx, une fois ce manuscrit rédigé, le reprend, il donne des titres pour certains passages, et il a intitulé, je vais citer ça comme il se doit, exactement évidemment je ne retrouve pas mes notes c'est classique se trouve sous le titre les formations qui ont précédé la production capitaliste ou quelque chose de ce genre le texte est très curieux parce qu'on se trouve face à un Marx qui dénote complètement par rapport à ce qu'une certaine tradition marxiste sur la base de ce que lui-même a pu dire par ailleurs je ne dis pas que cette tradition marxiste a falsifié Marx mais elle s'intensifierait que d'une manière que Marx a eu à s'exprimer par ailleurs il s'exprime autrement ce qui est courant chez Marx il faut savoir que chez Marx on a toujours affaire à une pensée qui se cherche en permanence qui ne s'arrête jamais à une formulation on sait maintenant que Marx a essayé de travailler jusqu'au dernier souffle de sa vie et qu'il a exploré constamment des pistes nouvelles et on trouve un Marx qui dans ce passage explore l'idée suivante il dit à la sortie de la communauté primitive disons le communisme primitif les sociétés humaines ont exploré des lignées d'historicité très différentes. Autrement dit, l'histoire humaine ne s'est pas développée selon une lignée unique qui enchaînerait les modes de production depuis le communisme primitif jusqu'au communisme final, en passant par le mode de production asiatique, esclavagiste, antique, féodal, capitaliste, socialiste, etc. Il dit qu'il y a eu trois lignées d'historicité dont deux mènent vers des impasses et dont la troisième seule... ouvre sur la possibilité d'un développement capitaliste. La première lignée d'historicité, dit-il, c'est la formation de ce qu'il appelle la communauté asiatique, ce qui va donner naissance au fameux mode de production asiatique. La deuxième lignée d'historicité mène vers ce qu'il appelle la communauté méditerranéenne, c'est-à-dire vers le mode de production esclavagiste méditerranéen. C'est un travail antique, on s'entend bien. Et enfin, une troisième communauté qu'il appelle germanique, et qui, par un processus de télescopage avec la précédente déclinante, décadente, c'est-à-dire avec la fin de l'Empire romain, va donner naissance au féodalisme. Et voilà un Mars qui nous explique, alors une thèse qui expose, une thèse qui est complètement paradoxale et hétérodoxe au regard du marxisme classique, à savoir que ce n'est que dans le cadre du féodalisme qu'on peut commencer à se forcer pour former les prodromes, les premiers lignanements du capital comme rapport social de production. C'est très étonnant, parce que ce que nous apprend, ce que j'ai appris moi-même au départ, quand je me suis formé au marxisme, c'est que le capitalisme s'est développé contre le féodalisme. Il a procédé fondamentalement à la destruction de celui-ci. Marx met bien cela en évidence, mais il montre que c'est à la fois grâce au féodalisme, n'étant contre le féodalisme que le rapport capitaliste de production s'est formé alors je me suis moi-même inspiré de cette thèse pour écrire un premier ouvrage qui précède donc celui-ci qui en est en quelque sorte le volet introducteur donc vous n'avez vraiment pas de chance parce qu'en plus des trois volumes des 3300 pages il va falloir encore vous en partager 500 auparavant ça s'appelle la préhistoire du capital et j'ai essayé de prendre cela tout à fait au sérieux et essayer de comprendre ce qui, dans le féodalisme, rendait possible l'apparition, justement, des prodromes du rapport capitaliste de production. Et, en effet, il y a des traits spécifiques au féodalisme. J'en citerai simplement trois. Je ne pourrai pas reprendre toute la démonstration. Le premier trait spécifique du féodalisme, c'est le servage. Le servage est un rapport de production très spécifique que l'on a eu tort de confondre ou d'aller à qu'est-ce que c'est qu'un serf

UNKNOWN

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SPEAKER_01

c'est non pas un paysan mais des familles paysannes ou même plus exactement des communautés paysannes qui sont dans un double rapport de liaison-dépendance d'une part à une terre à laquelle ils sont assignés la définition juridique du serf au Moyen-Âge c'est « adscriptus glebae » celui qui est assigné à la terre, et un rapport en même temps dépendant par rapport à un seigneur propriétaire de la terre. contre la garantie en principe d'une possession héréditaire d'une parcelle du domaine seigneurial la famille paysanne se voit donc elle a une garantie en quelque sorte de tenue d'une possession héréditaire elle se voit évidemment exiger une contrepartie des redevances sous forme de travail c'est la corvée sous forme d'une partie du produit et rapidement par contre en particulier des deux précédentes, sous forme d'argent. Mais la famille paysanne, la communauté paysanne, reste entièrement maître de son procès de production. Ça fait que la partie du surproduit qui n'est pas prélevée, qui pourrait ne pas être prélevée les bonnes années, ou même de manière structurelle plus chronique, par les redevances seigneuriales, reste la propriété du serf qui peut s'en servir dans un processus d'échange interne d'abord à la communauté mais ensuite surtout avec la ville donc on voit bien comment et ça c'est tout à fait original par rapport à l'esclavage en particulier le sert à la possibilité quelque part d'entamer pour étonner un devenir économique en marge à l'écart et éventuellement contre le rapport de dépendance dans lequel il se trouve deuxième trait du féodalisme et Marx, dans le passage que je cite ici, c'est pas un passage de Gondry, ne cesse d'insister là-dessus. Il dit, une des caractéristiques fondamentales du féodalisme, c'est que pour la première fois dans l'histoire, la ville se trouve émancipée de la propriété foncière, c'est-à-dire la ville n'est plus un des rouages de la propriété foncière, comme il l'est dans les sociétés asiatiques ou comme il l'est dans les sociétés antiques esclavistes, par Tout simplement parce que la propriété foncière féodale se constitue et n'a besoin pour se constituer que de la campagne, d'une domination directement des seigneurs sur les serfs et des seigneurs entre eux sous la forme d'un hiérarchie féodale. Donc la ville se trouve émancipée et de l'organisation de la propriété foncière et de l'organisation du pouvoir politique lié à la propriété foncière et va pouvoir donc s'émanciper. par rapport à ça. Ce qui a donné évidemment une base, je dirais, un point d'appui fondamental, matériel, institutionnel, idéologique, à la bourgeoisie marchande, en particulier à la fraction, enfin plus exactement à l'élite de cette bourgeoisie marchande qui est maîtresse du commerce lointain, c'est-à-dire des échanges à longue distance, ou des échanges qui se font entre des zones de production qui ne sont pas directement contigues. Ça va permettre à constitution de villes marchandes puissantes et plus encore de réseaux de villes marchandes puissantes qu'on verra se constituer en Europe au moins en trois secteurs, en procédant du sud vers le nord, l'Italie du nord et du centre, l'Allemagne du sud et tout l'air autour de la Balkite avec la France. Et troisième très constitué du féodalisme, le féodalisme se caractérise par le fait que contrairement encore au mode de production antérieur il se caractérise par une éclipse voire une absence totale de structure étatique au départ je dirais le pouvoir étatique dans la féodalité repose, se dissout en quelque sorte ou plus exactement se disperse à l'intérieur de la hiérarchie féodale alors évidemment cette hiérarchie féodale elle-même est quelque chose d'assez instable d'assez chaotique parce qu'elle animait constamment de conflits et ces conflits vont faire que il y a une dynamique de recentralisation du pouvoir qui se met en place assez rapidement qui va conduire à une transmutation des royautés féodales qui sont d'abord des royautés électives en des monarchies puis ensuite évidemment une évolution des monarchies ultérieurement vers les monarchies absolues mais on sort du cercle médiéval quoi que soit un type de pouvoir qui est tout à fait incapable de bloquer comme ça a été le cas par exemple dans les sociétés ou même encore dans les sociétés antiques, le développement du capital marchand elle est subordonnée à d'autres logiques. Donc, me servant de ces intuitions, dans cet ouvrage préalable, j'ai exploré cette voie qui consiste à dire les prodromes du rapport capitaliste de production se trouvent à l'œuvre dans le Moyen-Âge central, le Moyen-Âge central c'est 11e-13e siècle, cette dynamique de développement du capitalisme Le développement de ces rapports marque un coup d'arrêt, pourrait-on dire, d'une grande crise finale du Moyen-Âge qui va en gros de la première moitié du XIVe jusqu'au moins la moitié du XVe, voire la deuxième moitié du XVe. Bon, crise qui est due à une récurrence de crise agricole. Comme dirait Chaunut, le monde féodal est trop plein. trop plein d'hommes par rapport aux possibilités de développement de l'agriculture sous des bases strictement féodales. La récurrence aussi des hépitodes pesteux à partir de l'introduction de la peste en Europe, parce que la peste s'est passée en 1348, c'est une récurrence pour tous les transants des types d'épisodes non moins ravageurs que celui de 1348-1350. Et puis, la guerre de Cent Ans. La guerre de Cent Ans, on a tort de croire qu'elle était, c'est pas une guerre entre la France et l'Angleterre, c'est une guerre qui entraîne la Castille, qui entraîne le Portugal, qui entraîne l'Écosse, etc. C'est la première guerre européenne générale. Donc, il y a un coup d'arrêt, mais le processus lancé dans le cœur du Moyen-Âge central reprend à partir du 15e, mais à ce moment-là, on bascule dans autre chose. On bascule dans autre chose qui se trouve indiquée dans le deuxième point d'appui que j'ai trouvé chez Marx. Mais, lui, il est davantage connu que celui que je viens de commenter, c'est la dernière section du premier livre de Capital dans lequel Marx traite de la fameuse accumulation primitive. Alors, on a eu tort de prendre cette section parce qu'elle n'est pas. Dans cette section, Marx ne prétend absolument pas livrer, contrairement à ce qu'on a essayé de faire dire, livrer une analyse de la naissance du capitalisme Marx est quelqu'un qui est extrêmement logique et on ne peut pas comprendre ce qu'il dit à un moment donné si on extrait un passage de l'ensemble de la logique reprenons ça dans la logique du premier livre du capital Marx explique successivement section 2 et section 4 et 6 d'ailleurs aussi non 5 pardon que le capital produit la plus-value puis section 6 et que la plus-value peut produire du capital par accumulation et on se retrouve alors en quelque sorte dans la situation de l'oeuf qui produit la poule et la poule qui produit l'oeuf on peut bien comprendre que le capital produit la plus-value que la plus-value peut produire du capital mais cuide de la question il y a quoi au départ

UNKNOWN

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SPEAKER_01

il y a du capital ou il y a la plus-value donc Marx prend la question des origines et son souci et il le dit très clairement c'est de tailler une croupière c'est-à-dire ruiner une fois pour toutes la légende libérale à ce sujet. Quelle est cette légende libérale

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

Vous la connaissez tous, vous l'avez appris par cœur à l'école primaire. C'est la cigale et la fourmi. Enfin, c'est une variante de la cigale et la fourmi. Que disent les auteurs libéraux du XVIIe, XVIIIe siècle

UNKNOWN

?

SPEAKER_01

L'humanité s'est toujours divisée en deux parties. Il y avait une bande de coquins et de gredins qui ne pensaient qu'à une seule chose, c'est de s'amuser du soir au matin et du matin au soir, d'inapidant tout l'argent qu'ils avaient et même un plus que ça, sans des temps, donc par conséquent. Et puis, il y avait une petite minorité de gens tout à fait industrieux qui, eux, pensaient que une chose, soit au matin et de matin au soir, c'est un côté travailler et de l'autre côté épargner. Arbeiten und sparen, comme on dit dans mes origines alsaciennes. On m'a expliqué très jeune qu'il y a deux choses importantes dans l'existence, c'est travailler et épargner. Quand vous aurez compris ça, vous aurez tout compris qu'il faut travailler et épargner.

UNKNOWN

Donc,

SPEAKER_01

Les fourmis

UNKNOWN

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SPEAKER_01

travailleuses et épargneuses évidemment n'ont attendu que le moment les cigales ayant chanté tout l'été se sont trouvées fort dépourvues quand la bise fut venue pour les mettre sous leur coupe et voilà l'affaire est conclue il n'y a plus rien à expliquer qu'à ça Marx dit c'est une pure et simple légende et je vais vous le montrer dit-il sur l'exemple du pays les choses ont commencé à prendre plus nettement et plus directement forme c'est à dire sur l'Angleterre il explique comment cette histoire est née comme il dit dans la boue et dans le sang c'est une histoire de violence c'est-à-dire fondamentalement et d'abord une histoire d'expropriation avant tout mais il ne se contente pas de ça le père Marx il explique évidemment il faut quand même que je retrouve les notes voilà il explique que finalement ça s'est passé donc ces épisodes sur la les enclosures, c'est-à-dire le partage de terres communales, etc., l'appropriation privative, etc. C'est l'histoire de la législation sanguinaire prise contre les paysans expropriés pour les forcer à rentrer dans le rapport salarial. Parce qu'au départ, évidemment, ces pauvres expropriés font tout ce qui est possible pour éviter la galère du travail salarié. Mais ils laissent en cours de chemin apparaître qu'il y avait bien d'autres conditions qui ont prévenu à la formation du capital. et il les énumère dans un passage que je ne vous relierai pas parce qu'il est un peu long mais qu'est-ce qu'il dit dans ce passage il dit qu'il faut tenir compte aussi de je cite dans l'ordre la découverte et la colonisation des Amériques l'afflux en Europe des métaux précieux liés au pillage et à l'extraction des métaux précieux américains le développement du système des plantations esclavagistes ravitaillé par la chasse aux garennes des peaux noires qui se mènent sur les côtes La conquête des marchés orientaux et le début de la colonisation de certaines contrées orientales. La rivalité entre les grandes puissances européennes pour s'approprier ce flux constant de marchandises et de monnaie, enfin de métaux monnayables en tout cas, émanant des Amériques et de l'Asie. Par conséquent, une guerre constante que se mènent les puissances européennes à cette fin, guerre constante qui suppose que les États se renforcent, se renforcent militairement mais pour pouvoir se renforcer militairement ils doivent aussi se renforcer de manière administrative et de manière fiscale et ils doivent aussi commencer à développer le crédit public et donc toutes les activités financières liées à cela et Marx dit ça en un paragraphe quand j'ai lu ce paragraphe j'ai dit voilà c'est le bouquin qu'il faut écrire c'est ça et mon bouquin c'est jamais que ça c'est expliquer la dynamique de tout cela donc Je résume le contenu de la première partie de mon propos. Si à la question comment s'est formé le capitalisme, oublions la question, vous direz désormais non, la bonne question c'est comment former le capital. Je résume deux conditions, une condition nécessaire et une condition suffisante. La condition nécessaire ça a été le féodalisme. Il a fallu d'abord le féodalisme pour que le capitalisme soit possible. Sans le féodalisme, il n'y a pas de capitalisme. Le féodalisme et le capitalisme n'est pas possible. La contre-preuve de ça, je le montre dans le premier bouquin, sur la prestation du capital, c'est le Japon. Parce que seule autre région au monde le féodalisme est apparu, c'est le Japon. Et le Japon va suivre la même histoire, décalée de 3-4 siècles, que l'Europe, entrant définitivement dans le féodalisme au moment l'Europe en sort définitivement. C'est-à-dire, en gros, au... Donc il a fallu cette condition nécessaire. Sans le féodalisme il n'y aurait pas eu de capitalisme. Condition suffisante. Une fois cette condition nécessaire réalisée, il fallait que dans le noyau au sein duquel s'étaient formés les prodromes de ce rapport social de production spécifique, ce rapport n'a pu parvenir à maturité qu'à la condition que ce noyau en quelque sorte se lance dans la conquête du monde et se subordonne le restant du monde. et ça c'est l'objet du bouquin en question alors je reviens maintenant à la présentation de ce bouquin ce bouquin est composé de trois tomes Un premier tome dans lequel, très logiquement, évidemment, puisque c'est ma thèse, à savoir que le parachèvement du processus de formation des rapports capitalistes de production n'a pu avoir lieu que moyennant l'expansion de l'Europe occidentale, dans laquelle ces rapports ont commencé à germer, l'expansion en dehors de l'Europe, je vais traiter de cette expansion. Et donc tout le premier tome, d'ailleurs ça a marqué, s'appelle la tome 1, l'expansion européenne. cette expansion prend une double forme alors ce sont des choses qui sont relativement connues mais dans le détail desquelles je rentre peut-être plus précisément que ce qui est généralement dit à ce sujet du moins dans les ouvrages qui ne sont pas dans les détails les plus particuliers elle prend une double forme une forme coloniale et une forme commerciale la forme coloniale la colonisation vous savez en gros ce que c'est ça consiste à occuper un territoire plus ou moins densément peuplée déjà, à l'occuper soit pour le vider de ces populations, en les exterminant, ou en leur faisant involontairement contracter des maladies contre lesquelles ils ne sont pas immunisés, ce qui va arriver pour les malheureux amérindiens, ou évidemment, ce ne sont pas des alternatives absolues, ou évidemment, les asservir, c'est-à-dire les réduire à des rapports, les faire prendre dans des rapports d'esclavage, dans des rapports de servage pour leur faire produire dans le domaine agricole, dans le domaine minier. Le tout au bénéfice évidemment de la métropole colonisatrice. Ça signifie que ces colonies vont se trouver prises dans ce qui va devenir en suite à des traits structurels du monde capitaliste, c'est-à-dire le rapport centre-périphérique avec la périphérisation justement de ces zones. Que signifie périphérisation

UNKNOWN

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SPEAKER_01

Ça signifie tellement que les zones colonisées vont se trouver assignées à un certain nombre d'obligations, d'obligations productives, d'obligations fiscales, à un certain nombre d'interdictions, interdictions de produire en particulier tout ce qui peut venir directement concurrencer des productions de la métropole, production agricole, production artisanale, production proto-industrielle, qui vont venir limiter leur développement. Ça peut aller jusque, par exemple, à l'interdiction pour ces colonies de commercer avec tout autre territoire ne dépendant pas de la métropole, et même d'ailleurs avec d'autres territoires colonisés par la même métropole. Par exemple, le La Nouvelle Castille, c'est-à-dire l'actuel Mexique, n'avait pas le droit de commercer avec les Antilles espagnoles qui étaient pourtant à portée de navires. La Nouvelle Espagne, c'est-à-dire l'actuel Pérou, n'avait pas le droit de commercer avec la Nouvelle Castille, c'est-à-dire le Mexique, etc. Donc une totale maîtrise, pourrait-on dire, du développement socio-économiques des colonies au profit de la métropole. Ça n'ira pas d'ailleurs sans progressivement susciter des tensions et des tensions qui vont aller jusqu'au conflit entre la métropole et l'aristocratie foncière et la bourgeoisie marchande créole qui va progressivement se constituer dans les colonies en question. Et on voit dès le XVIIIe siècle comment se prépare ce qui va devenir évidemment à la faveur des guerres napoléoniennes, la guerre d'indépendance des antennes colonies hispano-américaines par rapport à la couronne qui avait d'ailleurs été déchue par la invasion napoléonienne, la couronne de Madrid. Voilà pour la colonisation, la forme, je dirais, coloniale de cette expansion. Cette forme coloniale se double du autre forme, une forme d'expansion commerciale. Cette expansion commerciale, alors évidemment l'expansion coloniale est essentiellement une expansion terrestre. L'expansion commerciale va essentiellement être une expansion maritime. Elle s'effectue non pas essentiellement en direction des Amériques, mais aussi en partie en direction des Amériques comme la précédente, mais en direction de l'Asie. L'Asie qui depuis L'antiquité est une source de produits exotiques qui se valorisent beaucoup sur le marché européen. Vous connaissez tous ces épices, les soirées, les porcelaines, etc. J'en passe. Les Portugais se lancent là-dedans dès la fin du XVe siècle. Ils vont être suivis progressivement par tous les Européens. Mais c'est d'abord eux qui ouvrent les routes. La valorisation du capital marchand investi là-dedans se fait à travers évidemment le commerce, un commerce qui est toujours très particulier, qui est un commerce qui est très important. soit repose littéralement sur le pillage, soit sur des échanges, je dirais, sur un commerce forcé et déloyal, c'est-à-dire qu'on sous-paye les produits, soit sur un commerce qui a l'apparence d'un commerce tout à fait régulier, mais qui repose sur un monopole entier aux mains des commerçants européens. Rapidement, parce que c'est quelque chose qui n'est pas très bien connu, Lorsque les Portugais débarquent dans l'océan Indien à toute fin du 15e siècle, tout début du 16e, ils se trouvent très rapidement confrontés au problème suivant, c'est que les Européens n'ont rien à vendre qui intéresse les Asiatiques. Tout simplement parce que les Asiatiques ont un niveau de développement socio-économique nettement supérieur aux Européens. Quand Vasco de Gama arrive à Calicut, Calicut c'est un pacte tournant du commerce dans l'océan Indien, ça se situe sur l'actuelle Je ne connais pas le... Corodze, je ne sais pas comment ça s'appelle, la localité indienne actuelle. C'est une plaque tournante de tout le commerce maritime. Il y a un prince marchand à la tête de cette cité. Il est habitué d'aller rendre hommage en lui offrant quelque chose pour obtenir de lui le droit de commercer dans son port. Il ouvre le droit... Tout le monde est commerçant. c'est un commerce extrêmement libre tenu d'ailleurs à ce moment essentiellement par les arabes en partie déjà aussi par les malais et évidemment aussi par des commerçants indiens, gujirati notamment ce que Vasco de Gama a proposé comme cadeau à ce prince paraît au prince tellement ridicule qu'il en considère que c'est une offense et c'est tout juste s'il ne se trouve pas à être obligé de replier bagage ils obtiennent à peine le droit de commercer. Donc les européens se trouvent face à un commerce dans lequel ils ne peuvent pas pénétrer. Or, 15 ans après, ils en sont maîtres. Pourquoi

UNKNOWN

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Le canon. La seule supériorité des européens à ce moment-là, c'est d'avoir déjà su embarquer l'artillerie à bord de navires. Alors c'est encore très sommaire, mais ils taillent des croupières, et en 15 ans, ils s'ouvrent à coups de canon, tout simplement, toutes les villes portuaires qui ne s'ouvrent pas directement, volontairement à la Corrèze, sont purement et simplement canonnées et rasées à coup de canon jusqu'à ce qu'elles cèdent. Et c'est comme ça que les Européens s'ouvrent, donc en l'occurrence ce sont les Portugais, s'ouvrent, ils vont en faire autant dans l'océan Indien, Malacca, vous connaissez Vegas, c'est l'actuel Singapour pourrait-on dire, qui contrôle le détroit de Malacca, contrôle la voie de commerce entre le le Golfe de Bengale et l'Extrême-Orient, c'est-à-dire avec les îles à épices, là-bas. Donc, ils conquièrent aussi Malacca, et à part ces là, ils sont en 1515, ils sont maîtres à peu près de l'ensemble du commerce. Ils ont le monopole du commerce, et évidemment, ayant le monopole du commerce, ils peuvent imposer leur prix aux producteurs locaux, et les prix font la culbute en Europe à nouveau. Alors, l'expansion commerciale et l'expansion coloniale sont directement liées. Bon, elles prennent des différentes, mais il faut bien voir qu'elles sont liées très précisément par le fait que d'abord l'expansion coloniale ouvre souvent la voie à l'expansion commerciale, elle ouvre évidemment la voie à l'introduction en Europe de produits exotiques, mais aussi d'ailleurs de produits qui ne sont rien d'exotiques comme l'or et l'argent extraits des mines américaines, mais la c'est pour ce qui est vrai aussi. Très souvent, le commerce, l'expansion commerciale va servir à développer l'expansion coloniale. Ça va être le cas en particulier en Asie. Dès lors que les Européens se rendent compte pour être encore plus maîtres du commerce colonial qu'ils ne le sont, il faut commencer à s'intéresser non pas seulement aux marchandises qu'on peut y acquérir et qu'on peut valoriser sur le marché européen, mais aux conditions de produits de ces marchandises. Et on va voir les Portugais, dès le deuxième tiers du XVIe siècle, pénétrer en Ceylan, Ceylan c'est la plate tournante du commerce de la cannelle, à s'emparer de camps entiers de Ceylan, à vassaliser des princes Saint-Gali pour qu'ils se mettent à leur fournir des quantités déterminées de cannelle, etc. A peu près un siècle plus tard, les Néandranais fera exactement la même chose dans les îles à épices des Molucs et à Java pour y faire produire de la canne à sucre, etc. On verra les Portugais entre temps en avoir fait exactement autant du côté du Zambèze, sur les rives du Zambèze, ce qui va devenir le Mozambique, la colonie portugaise du Mozambique, etc. C'est toujours d'abord l'établissement de comptoirs qui sert le point d'entrée ensuite pour asservir les populations. C'est-à-dire, au départ, on en fait d'abord des clients, puis on leur demande évidemment de fournir des quantités déterminées, plus précisément, et comme ils ne les fournissent pas ou qu'ils commencent à commercer avec d'autres, on les asservit, etc. Donc, souvent, je dirais, le commerçant est le point d'entrée du colo. Ça signifie évidemment aussi que sont à l'œuvre dans cette double expansion deux types d'acteurs qui s'épaulent, qui quelquefois rivalisent aussi, qui peuvent être des acteurs peuvent d'ailleurs aussi entrer ponctuellement en conflit, qui sont d'un côté des États et de l'autre côté des marchands. Quelquefois, les marchands eux-mêmes sont des États. Par exemple, le roi du Portugal, je vous parle du Portugal, la fin du 15e, début du 16e siècle, c'est le principal marchand du Portugal. François 1er, qui était très jaloux, il parlait de lui, il disait ça. François 1er, qui était très jaloux de son... de son rival le roi du Portugal disait lui c'est un épicier au sens propre du terme c'est à dire c'était lui qui avait le monopole du commerce des épices asiatiques en Europe bien donc tout le premier tout le premier tome vous expose en détail ce processus d'expansion alors je montre à chaque fois je prends soin à chaque fois quand même de présenter quelle est la configuration de ces zones qui vont être touchées par l'expansion européennes avant que les européens n'y arrivent, expliquer pourquoi elles ont pu ou n'ont pas pu résister à cette expansion, expliquer comment les formes qu'ont pu prendre ces résistances, etc. J'ai bien soin de montrer que ces zones-là, ces populations-là, ces formations sociales-là ne sont pas du tout des formations, pourrait-on dire, passives par rapport à cette expansion coloniale ou commerciale. Le deuxième tome, on change complètement de sujet apparemment, c'est-à-dire je reviens vers l'Europe occidentale et j'essaie de montrer comment toute cette expansion commerciale et coloniale va dynamiser en Europe, va activer en Europe la dynamique proto-capitaliste. C'est-à-dire va d'une part amplifier et accélérer la formation des rapports capitalistes de production en Europe occidentale même, et d'autre part et surtout, se mettre à bouleverser toute la structure sociale, toute l'architecture des sociétés, en commençant à lui donner des traits tout à fait originaux par rapport aux traits hérités de l'Antiquité ou évidemment du Moyen-Âge féodal. Alors, je passe rapidement sur le premier point parce que ce sont des choses connues. Évidemment, il se forme un capital marchand extrêmement puissant. Pas capital marchand, il est fondé du capital commercial, qui va prendre des formes que l'on n'avait pas connues, le capital d'association, une première forme de capital par action. On va voir apparaître aussi des formes de gestion du capital tout à fait originales aussi, avec le développement de la comptabilité, la comptabilité en partie double, etc., tout point sur lequel je m'arrête. Mais c'est aussi du capital financier, on voit apparaître un capital financier qui n'est pas seulement un capital usuraire, qui avait déjà existé par ailleurs dans l'histoire, qui développe les premières banques, qui développe les premières assurances, qui développe surtout le crédit public, extrêmement important, c'est la première forme principale du crédit. Donc Marx avait bien vu juste quand il comprend que le crédit public joue un rôle fondamental dans la formation du crédit. Je montre aussi comment ce processus accélère l'expropriation des producteurs et accélère la nécessité qu'il y a de faire entrer ces producteurs expropriés, c'est la large majorité des paysans, mais aussi des artisans, de le faire entrer dans les règles du salariat. Et pour ça, effectivement, la fameuse législation sanguinaire que Marx voit à l'œuvre sous les règles d'Henri VIII, c'est quelque chose qui se poursuit en Europe tout au long du XVIe et du XVIIe siècle, et encore jusque dans les XVIIIe, avec l'enfermement de ces gens-là dans des hôpitaux généraux, dans des fameuses workhouses, etc., des manufactures dans lesquelles on leur apprend à travailler comme il faut. J'ai trouvé un auteur qui m'a beaucoup inspiré, un auteur qui est complètement inconnu en France, malheureusement, parce qu'en France, on ne parle qu'évidemment de la gloire nationale, dont le nom m'échappe. Brodel, évidemment. Très érudit, peu savant. C'est ma forme de mot. Très érudit, peu savant. Aucun concept chez Brodel. C'est picha. Ces concepts, vous les trouvez du côté des Allemands. auquel je fais référence, c'est Werner Sombart. Werner Sombart a dégoté une lettre de l'intendant de Poitiers ou de Tours, je ne me rappelle plus, qui a écrit à Colbert et il rend compte de ses premières impressions en tant qu'intendant. L'intendant, c'est une espèce de super préfet de l'époque qui dit « ça ne sera pas une mince affaire, dit l'intendant, que de forcer ces gens-là à travailler comme il faut.

UNKNOWN

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C'est tout le programme de la bourgeoisie industrielle en train de naître, faire en sorte que ces gens-là travaillent comme il faut, c'est-à-dire travaillent à valoriser le capital. Et à l'époque, ce n'est pas une mince affaire, parce qu'à l'époque, la marchandise de la main d'oeuvre, vous en avez. Vous avez des paysans plus ou moins expropriés qui vivotent encore un peu sur les lopins. Dès lors qu'ils ont besoin de vaquer à leur travail de champ, ils désertent, ils ne se présentent plus à la manufacture. C'est pas trop grave, la facture on peut arrêter. Mais quand on a lancé un haut fourneau et qu'on doit le charger pendant les 6 à 9 mois, c'est catastrophique. Un haut fourneau qui s'arrête, la fonte est à l'intérieur pour la détruire. Donc, efforcer à travailler comme il faut, c'est entre autres efforcer à être présent tous les matins comme il faut, à l'heure régulière, à faire le travail qu'on leur demande de faire, à passer Gaillet, à faire autre chose, etc. Donc, Donc toute cette disciplinarisation de la force de travail, j'en prête également. L'expropriation des producteurs ne serait rien si on n'arrive pas à les faire travailler comme il faut, comme je l'ai dit, et donc je m'intéresse aussi aux premières formes de production capitaliste qui apparaissent à ce moment-là, c'est le monde de l'agriculture, mais ça apparaît déjà. Évidemment, le grand triomphe, c'est la manufacture, en particulier la manufacture éclatée, avant la fin de l'infrastructure réunie, la fin de l'infrastructure éclatée, c'est ce système de production C'est peut-être plus... Le terme de manufacture éclatée n'est pas très connu en France. On utilise souvent le terme anglais de « putting out system » ou le terme allemand « lack system ». C'est-à-dire, ce sont des producteurs formellement indépendants, travaillent à domicile, filage et tissage, la matière première ne leur est pas apportée, le produit fini est emporté, tout ça par des producteurs, tout ça par des marchands, des marchands, des marchands, des marchands. et c'est lui qui contrôle en fait l'input et l'output du procès de production les autres sont encore formellement indépendants réellement déjà totalement dépendants ensuite il suffira évidemment de les amener à se réunir dans le même bâtiment pour qu'on ait la manufacture et aussi ça c'est Sombart qui me l'a appris contre Marx il y a tout au long de cette période une proto-industrie mécanique et automatique qui opère et auquel il donne bien beaucoup son bar a été un auteur pour moi fondamental il a écrit un bouquin qui s'appelle Der moderne Capitalismus qui n'a jamais été traduit en français c'est un énorme bouquin qui traite de tout le devenir des sociétés européennes depuis l'empire carolingien jusqu'aux années 1930 je me suis intéressé uniquement aux deux premiers tomes enfin deux premiers volumes je dirais parce qu'à chaque fois composé de deux tomes chaque tome devrait avoir 900 pages en allemand évidemment parce que ça n'existe pas jamais traduit fondamental c'est pas étonnant Brodel n'aurait pas pu écrire Bert qui l'a écrit si il n'avait pas eu ça

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c'est à

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dire bon Sombart S-O-M-B-A-R-T Werner Sombart et ça s'appelle Der moderne Kapitalismus le capitalisme moderne tout simplement il a des formules très élégantes sinon je m'arrêterai plus il se forme aussi à ce moment je montre qu'il se forme à ce moment les premiers marchés spécifiquement capitalistes parce que tout marché n'est pas un marché capitaliste pour qu'un marché devienne capitaliste c'est à dire pour qu'il puisse servir d'exutoire à la production capitaliste en amont il lui faut présenter deux caractéristiques l'une dans l'espace et l'autre dans le temps dans l'espace un facteur de concentration il faut qu'on a affaire à des facteurs concentrés et ça c'est aussi Sombart qui l'a indiqué concentration qui s'opère à ce moment par le biais de l'Etat sous la double forme des marchés militaires les marchés militaires sont des marchés très concentrés avec un client qui est toujours solvable toujours garanti et la cour la cour Sombart s'est fait tailler croupière par les historiens. La première version de son bouquin est de 1902. Il s'est allé décroupir avec les historiens et il dit, c'est tout sauf de l'histoire. Il prend la mouche et il reprend ses études et il écrit en rafale trois bouquins qui paraissent entre 1912 et 1913. Il y en a un que vous devez connaître parce que c'est le seul qui a été traduit en français, il s'appelle Le Bourgeois. Le Bourgeois. Qui est un... En fait, qui montre contre... C'est l'anti-Brodel mais c'est aussi... c'est l'anti Weber il faut savoir que Sombart et Weber étaient copains comme cochons très grands universitaires et à une époque être très grands universitaires c'était être capable de coopérer alors qu'on n'était d'accord sur rien ils ont fondé ensemble la fameuse revue allemande Zeitschrift für Sozialpolitik und Sozialwissenschaft dans laquelle Weber publie l'essentiel de son oeuvre Alors qu'ils ne sont pas d'accord du tout. Sombart montre que c'était déjà acquis dans l'Italie un siècle septentrional, un siècle, un siècle et demi avant. Il publie donc, je disais, trois bouquins d'herbe bourgeois. Il en publie deux autres. Je les donne parce qu'ils n'ont jamais été traduits. Je donne un titre allemand, vous les comprendrez parfaitement. L'un s'appelle Luxus und Capitalismus, Luxe et le capitalisme. Et l'autre s'appelle Krieg und Capitalismus, Krieg c'est la guerre. Et il montre quelque chose qui est fondamental. Contre Weber, vous connaissez les thèses de Weberienne également, le capitalisme se portant de la rationalité, et il montre que le capitalisme, ça l'est de l'irrationalité la plus totale, de cette double irrationalité qu'est la guerre, les dépenses que la guerre occasionne, et le luxe, qu'est-ce qu'il y a de plus irrationnel que les incroyables dépenses de luxe auxquelles procède la noblesse, la noblesse qui est son apogée quelque part en même temps que ce qui est le luxe. dans le cadre des monarchies il va chercher les budgets alloués par Louis XIV et Louis XV non seulement à la construction de Versailles mais à leur maîtresse c'est des trucs absolument invraisemblables il fallait voir les sommes invraisemblables qui se sont claquées là-dedans et évidemment ces sommes perdues pour le peuple sur les sueurs duquel elles sont prélevées sont parfaitement remplies dans les... dans les bourses de la bourgeoisie marchande qui est approvisionnée et court donc tout ça c'est un volet de ce deuxième tome mais je traite de bien d'autres choses puisque je montre que la chose ne se réduit pas à cette base économique je montre que s'articule là-dessus en toute une série d'autres processus alors que je ne peux pas m'arrêter autant en détail que je viens de le faire là-dessus d'abord une conflictualité qui est constante en Europe sur les vous voyez ce titre, 1415-1763, je pourrais répondre ensuite à la question de savoir pourquoi cette date, mais sur cette période, j'ai calculé qu'il y a deux, en moyenne, deux années de guerre pour une année de paix. Et encore, je n'ai comptabilisé que les guerres principales en Europe occidentale. C'est la guerre permanente en Europe. Guerre permanente, comme le disait Marx, dans le passage que je citais tout à l'heure, parce qu'évidemment, les puissances européennes d'Europe occidentale sont toutes rivales entre elles pour l'accession aux périphéries. mais conflictualité aussi qui naît à l'intérieur même des sociétés en classe par les bouleversements dans la structure, dans la hiérarchisation et la fragmentation de ces sociétés qui étaient des sociétés d'ordre et qui vont devenir des sociétés de classe. Et je montre comment le passage des ordres aux classes, comment la formation des classes sociales à l'intérieur des ordres est une source constante de conflits, de conflits qui mènent à l'érection des monarchies absolues qui mène aussi aux premières révolutions bourgeoises donc je détaille dans le tome 3 ça conduit donc aussi à la formation à la reformation pourrait-on dire de l'état mais pas de n'importe quel état je montre qu'il s'agit d'un état qui est doublement original par sa forme juridique qui tend vers ce que va devenir l'état de droit ultérieurement mais aussi mais aussi par sa structure, c'est-à-dire par la formation d'un système d'État. L'État n'existera jamais d'une manière unifiée à l'intérieur du capitalisme, mais toujours sous la forme d'une pluralité d'États rivaux qui tendent à se combattre, à se repousser, mais qui sont aussi forcés pour certains de s'allier en des structures qui n'autorisent qu'une forme particulière d'alliance, l'alliance hégémonique. Et enfin, je détaille aussi toutes les révolutions culturelles à travers... Vous les connaissez, c'est d'abord la Renaissance, la Réforme, les Lumières, à travers lesquelles se forme ce que j'appelle la subjectivité bourgeoise, c'est-à-dire la bourgeoisie en tant que sujet social, mais aussi cette forme spécifique de la subjectivité bourgeoise qu'est l'individualité, ce que j'appelle l'individualité assujettie, qui est la forme spécifiquement capitaliste de l'individualité. Donc je montre aussi comment nous, nous, ce qui nous constitue aujourd'hui, comme institut, naît à ce moment-là. bon il est temps de dire quelque chose du troisième tome donc rappelez-vous premier tome expansion nord d'Europe deuxième tome retour sur l'Europe pour vous montrer comment cette expansion travaille fondamentalement les sociétés d'Europe occidentale troisième tome pour montrer comment tout ça fonctionne ensemble c'est à dire comment cette expansion extérieure et cette transformation intérieure se combinent pour donner naissance à ce que j'appelle un premier monde capitaliste c'est à dire C'est-à-dire une première configuration générale de la planète sous la domination de ce capital en train de prendre ses formes canoniques en Europe occidentale. Ce qui caractérise ce premier monde, c'est sa hiérarchisation entre quatre zones, qui va devenir la hiérarchie classique que l'on retrouve encore aujourd'hui, preuve qu'on reste fondamentalement dans un monde capitaliste, entre un centre des semi-péries des périphéries et des marges. Le centre, à l'époque, c'est exclusivement l'Europe occidentale. Pourquoi

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Parce que ce sont les seules formations qui prennent part à l'expansion européenne et qui en tirent bénéfice. Mais évidemment, ils n'y prennent pas part au même titre. Et d'abord, ils ne prennent pas part en même temps. Je suis à peu près à ce moment-là dans toute la partie qui est consacrée à cela. Je suis à peu près chronologiquement à la manière dont les formations européennes entrent dans l'expansion. Les premiers à s'y lancer ce sont les portugais dès le 15ème siècle ils descendent le long des côtes africaines à la fin du siècle ils sont au bout de ces côtes ils vont pénétrer dans l'océan indien vous avez vu comment ils vont s'y comporter ils vont être suivis presque immédiatement par leurs voisins et rivaux castillans on ne devrait pas dire espagnol parce que...

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à

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proprement parler, ce sont les Espagnes et non pas l'Espagne, puisque la Castille qui prend l'initiative de cela, dans une autre direction, puisque la direction vers l'Orient est déjà bouchée par les Européens, par les Portugais, donc on prend la direction de l'Occident, c'est l'aventure, les désaventures, comme on voudra, de Christophe Colomb, la découverte des Amériques, etc. Les troisièmes à rentrer là-dedans, en fait, ils sont déjà dans le sillage des Portugais, dès le début, ce sont les Néerlandais, c'est-à-dire ce qui était au départ ces anciens Pays-Bas, les 17 provinces qui constituent les anciens Pays-Bas, Bourguignon, qui tombent dans les scarcelles, travers le mariage, donc, bref, on ne peut pas rentrer dans les détails des mariages et des héritages qui constituent le royaume Habsbourg à ce moment-là, celui de Charles V en tout cas, et le processus d'éthnique spécifique de la monarchie castillane fait que ces 17 provinces des anciens Pays-Bas rentrent en sécession un soulèvement général en 1566 dont résultera en définitive l'autonomisation des 7 provinces du Sud qui vont se constituer donc après avoir voté la déchéance de Philippe II en une république des provinces unies et constituée dans un processus qui est la première révolution bourgeoise d'ailleurs curieusement l'argent déconnu comme tel c'est-à-dire tout le monde est convaincu, surtout en France, on est absolument convaincu que la première révolution bourgeoise a été historiquement la révolution française. C'est totalement faux. La première révolution bourgeoise, c'est la révolution néerlandaise, suivie à la révolution anglaise au milieu du XVIe siècle, et suivie d'une troisième qui a précédé peu et qui a marqué la révolution américaine, ce qu'on a considéré comme la révolution des États-Unis. C'est vraiment, on peut, quand on a ce schéma en tête, on comprend parfaitement ce qui s'est passé dans ces Premières-Unis. C'est eux, tout au long du XVIIe siècle, c'est la puissance dominante en Europe, du point de vue de l'avancée vers le capitalisme, c'est les Premières-Unis. Quatrième à se lancer là-dedans, en même temps que les cinquièmes, c'est en même temps les Français et les Anglais. Je dis bien les Anglais, parce qu'à ce moment-là, c'est l'Angleterre, qui est un peu distincte, enfin l'Angleterre avec le pays de Galles, soumis depuis le XIIe siècle et une partie d'Irlande, mais pas encore l'Écosse. Les Anglais, donc, et les Français, qui vont essayer de tailler des coupières aux Espagnols dans les Antilles et sur le continent, mais là, ça sera plus difficile, et surtout, essayer d'envahir les circuits marchands néerlandais en Asie. Les Néerlandais y parviendront, et les Français et les Anglais, très médiocrement, devront se contenter de la seule partie de l'Asie qui n'a pas vraiment jamais intéressé les néerlandais. Curieusement, c'est l'Inde. Les néerlandais ont négligé l'Inde. Les français et les anglais sont rapatriés sur l'Inde. Ils vont se battre pour l'Inde. C'est les anglais qui remporteront le morceau. De peu d'ailleurs. Il s'est failli de très très peu que ce soit les français qui le fassent. Bon, passons là-dessus. Donc, je montre tout ça à travers... Bon, je montre à fois aussi pour quelles raisons cette expansion se produit, les conditions dans lesquelles elle se produisent, les limites qu'elle rencontre, les rivalités qui en naissent, en particulier la guerre permanente qui a... J'explique longuement pourquoi la rivalité qui va dominer à partir de la fin du XVIIe siècle la scène européenne entre la France et l'Angleterre qui va devenir la Grande-Bretagne après fusion des deux royaumes d'Écosse et d'Angleterre, pourquoi c'est les Anglais qui l'emportent. En fait, La formule est très simple, c'est que les anglais ont parié fondamentalement sur la mer, alors que les français ont parié sur la

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terre.

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Et l'hégémonie revient à la mer. Ça c'est les puissances centrales. Il y a autour de ces puissances centrales des puissances que j'appelle semi-périphériques. C'est en gros sur le restant de l'Europe. Mais on va trouver là-dedans, restant de l'Europe, c'est-à-dire du nord au sud, plus exactement de l'arc baltique jusqu'à l'arc méditerranéen en passant par l'Europe centrale et orientale. Mais on va trouver là-dedans des formations qui sont extrêmement hétérogènes. C'est-à-dire que les semi-périphéries, c'est-à-dire une caractéristique générale des semi-périphéries dans le monde capitaliste, c'est une région d'instabilité. On le voit encore aujourd'hui d'ailleurs. C'est-à-dire que c'est une région de devenir monde capitaliste dans laquelle il y a des puissances ascendantes et des puissances descendantes en même temps que des puissances stagnantes. C'est-à-dire des puissances qui montent vers le centre, des puissances qui déclinent du centre vers la périphérie et des puissances qui restent coincées là-dedans. Et c'est exactement ce que l'on observe déjà. Qu'est-ce qu'on trouve dans ces semi-périphéries européennes

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On trouve des formations qui avaient été à la pointe du devenir capitaliste en Europe dans le Moyen-Âge, mais qui n'arrivent pas à franchir le pas. La principale d'entre elles, sur laquelle je m'arrête longuement, c'est l'Italie du Nord. On comprend pourquoi les Italiens qui étaient si bien partis, je parle de l'Italie du Nord, stagnent à partir du XVIe siècle. L'Allemagne du Sud aussi, mais bon, ça a été trop compliqué, j'ai laissé tomber, il ne fallait pas tout faire non plus. On y trouve ensuite, donc ça c'est des formations qui ne sont pas arrivées à franchir le pas. On trouve, paradoxalement, des formations qu'on avait rencontrées dans un premier temps comme étant des formations centrales, le Portugal et l'Espagne qui déclinent et qui vont se trouver en fin de période dans des situations semi-périphériques. C'est le cas du Portugal après qu'il a recouvert l'indépendance puisqu'il avait été un moment englobé par la Castille donc à partir de 1668 il devient une simple semi-périphérie de l'Angleterre c'est une espèce de protectorat anglais à ce moment-là et l'Espagne, l'Espagne des derniers Bourbons des derniers Habsbourg par contre des premiers Bourbons on y trouve des formations de troisième caractéristique des formations qui étaient au départ totalement marginales, c'est-à-dire complètement en même pas marginale, comme un extérieur de la dynamique capitaliste, qui vont se trouver très rapidement aspirés par la spirale de cette dynamique, mais qui vont échouer à franchir, pour étourdir le dernier pas, c'est-à-dire à accéder à une position centrale. C'est les formations autour de la Baltique, notamment la Suède. La Suède qui joue un rôle fondamental dans le jeu européen, la deuxième moitié du XVIIe siècle, même encore jusqu'au début, jusqu'au début de la guerre. jusqu'à la fin de la Grande Guerre du Nord, c'est-à-dire 1718, pour la fin de celle-ci, etc. De Danemark aussi, mais j'ai aussi pas pu traiter du Danemark, parce qu'il n'y a pas à tout faire, etc. On y trouve quatrième type de formation semi-périphérique, des formations qui ont été d'emblée partie prenante de la dynamique, mais toujours dans une position subordonnée. C'est toute l'Europe centrale et orientale, jusqu'à y compris la Russie, qui par le biais de du commerce va connaître le fameux deuxième servage, enfin bref, rentrons pas dans les détails, dans lequel vont émerger progressivement deux puissances dont on voit bien qu'elles s'affirment fin du XVIIe, début du XVIIe, et de plus en plus dans le XVIIIe au fur et à mesure on avance, qui sont la Prusse d'un côté et la Russie de l'autre. Alors, il y a toujours dans le monde capitaliste ce que j'appelle des marges. Mais attention, les marges, il ne faut pas se tromper. Les marges, ce n'est pas l'extérieur. La marge de la page, ce n'est pas l'extérieur la

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page.

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Quand on écrit en marge de la page, on écrit toujours dans la page. Et en plus, qui dit marge ne dit pas nécessairement des choses secondaires. Ce sont des marges, ce sont des formations qui vont être en contact avec l'expansion européenne, qui vont y résister, qui vont être capables d'y résister, qui ne vont pas être englobées par cette expansion, mais qui vont rentrer malgré tout en synergie avec elle. synergies négatives, conflictuelles, etc. qui ne vont donc pas être pris d'emblée dans une dynamique capitaliste, qui vont continuer à se développer selon la dynamique propre de leur monde et dans laquelle peuvent éventuellement se former, mais selon cette dynamique même, des embryons de formation capitaliste, des embryons de développement des rapports capitalistes, mais toujours marginaux. C'est un chapelet d'empires qui vont de l'empire ottoman jusqu'à l'empire japonais, en passant par l'empire safavide, c'est-à-dire l'empire iranien de l'époque, l'empire mongol, celui-là j'en avais déjà traité à propos de l'Inde, l'empire chinois, de la fin des Ming et du début des Qing, et l'empire japonais. Et ça me donne, pour dire très rapidement, l'occasion de traiter deux questions qui ont fait également couler beaucoup d'encre, surtout la première plus que la deuxième. La première, pourquoi le Le capitalisme ne s'hésite pas à développer en Chine avant de développer en Europe. La question était très mal traitée. Je ne peux pas en dire davantage. J'explique pourquoi elle est très mal traitée et pourquoi elle est mal posée. La deuxième question qui est beaucoup plus intéressante, c'est pourquoi le Japon a-t-il pu, alors qu'il était à l'extérieur de cette dynamique, s'armer de tout point de vue, matériellement, institutionnellement, idéologiquement, pour le moment venu, c'est-à-dire la deuxième moitié du XIXe siècle, rattraper en quelques décennies les puissances européennes. J'avais promis un troisième volet, j'en ai quand même quelques mots, c'est un monstre, 3300 pages, je comprends qu'il est complètement effrayant, et j'avais bien conscience que j'allais livrer quelque chose d'effrayant, quelque chose qui risquait d'effrayer le lecteur et donc de dissuader de lire. Alors, je vous explique comment lire cela. Quand j'ai su, quand j'ai eu conscience que j'avais livré au marché un produit hors marché, hors norme du marché, j'ai eu le soin et je pense... je me permettrais de me lancer cette fleur je me suis efforcé, je pense, et être parvenu de faire en sorte que vous pouvez prendre le bouquin n'importe quand ouvrir ça à n'importe quelle page c'est à dire commencer par n'importe quel chapitre il y en a 48 ou 49 dans l'ouvrage alors je conçois bien que tout ne vous intéressera pas immédiatement vous pouvez vous mettre à lire ce sera absolument totalement compréhensible simplement vous tomberez de temps en temps sur des développements qui vous paraîtront curieux des affirmations qui vous paraîtront arbitraires parce que finalement je ne me donne pas la peine à chaque fois de répéter ce que j'ai dit par ailleurs il y aura les renvois nécessaires pour vous permettre de voir pourquoi je dis ça à ce moment premier point deuxième point Si vous êtes encore plus fainéants que ça... Vous avez une table de matière, évidemment, mais vous avez aussi un index. Mais c'est un véritable index. J'entends, dit-il, mon troll majeur, c'est un véritable index. C'est-à-dire, ce n'est pas quelque chose qui a été constitué avec la fonction index de Word ou compagnie, qui vous donne toutes les occurrences d'un mot. C'est un index que j'ai fait manuellement. C'est-à-dire que j'ai indexé tous les passages significatifs qui traitent d'un thème déterminé. J'indique en gras le passage ou éventuellement les deux passages les plus significatifs de la chose. Donc vous pouvez très rapidement faire le tour du bouquin sur un arbre. Par exemple, savoir sucre, pendant l'article sucre, est-ce qu'on produit du sucre, comment se commercialise le sucre, comment est-ce qu'on le raffine, etc. Il vous donnera immédiatement sur l'ensemble toutes les indications, pas à chaque fois il est question du sucre, mais il est question, il y a des développements sur le sucre qui sont significatifs c'est un travail de

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fou

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c'est un travail de fou qui m'a demandé plusieurs mois et j'ai devenu j'ai failli plusieurs fois et je comprends pourquoi personne ne me fait c'est un travail de dingue vraiment parce que vous avez cru avoir fini putain je me rends compte que il y a une sous-entrée à laquelle j'avais pensé qui était tellement évidente comment se fait-il parce qu'elle est justement en communication parce qu'évidemment je demande aussi à chaque fois toutes les entrées en communication desquelles vous rentrez donc c'est un ouvrage qui malgré son énormité est parfaitement abordable et vous n'aurez strictement aucune excuse de ne pas le lire d'accord

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? bien